INTERVIEW DE DANIEL RADCLIFF DANS LE FIGARO

LE FIGARO. - En quoi ce sixième volet est-il différent des autres ?

 

 

Daniel RADCLIFFE. - C'est surtout un bon divertissement de deux heures et demie. Cette fois, on oscille plus entre la pure comédie et le film noir, l'humour et la souffrance, le bien et le mal absolu avec la mort d'un personnage clé. Ce balancement marche bien. Il y a aussi des histoires de cœur très drôles, entre moi et Ginny, la sœur de Ron, lui-même amoureux de Lavande Brown, que déteste Hermione rongée par la jalousie. Enfin, on découvre ici un élément important dans la vie de Voldemort, qui marque la fin dramatique du film et annonce les deux volets suivants.

 

 

Après tant d'années, vous sentez-vous toujours proche de votre personnage ?

Oh oui ! J'ai grandi avec lui. Je suis passé de l'enfance à l'adolescence, du début de l'innocence à sa fin. Et je ne suis pas fatigué de jouer avec ces sentiments et ces émotions-là. J'ai appris ce qu'était la confiance, la fidélité, la véritable amitié ; la vie, quoi ! Avec ses ennuis. J'ai toujours gardé une certaine distance avec mon personnage. Harry Potter m'a toujours revitalisé, mais ce n'est pas toute ma vie. Je suis acteur et ma responsabilité, c'est d'être bon, crédible. En même temps, Harry fait partie de toutes ces années passées sur un plateau de cinéma, travaillant dur tout en s'amusant. Mais ma vraie maison reste là où est ma famille.

 

 

À quoi ressemble votre journée de travail ?

Je me lève à 7 h 30, un chauffeur vient me chercher pour être au studio à 9 heures, commencer le maquillage et tourner. Déjeuner à midi et demi. Reprise du travail une heure plus tard jusqu'à 17 heures. Le tout cinq jours sur sept. Pendant les pauses, je joue sur la Wii au ping-pong avec Rupert Grint (Ron), que je bats régulièrement. J'ai arrêté l'école à 17 ans, mais je continue de lire, de m'éduquer et d'étudier la poésie et la littérature avec un professeur, une fois par semaine. Je n'ai plus la pression des examens !

 

 

Avez-vous rencontré l'auteur de Harry Potter, J. K. Rowling ? Vous a-t-elle donné des conseils ?

Elle m'a toujours encouragé et m'a semblé très concernée par les films, en me disant que je faisais du bon boulot sans me donner de conseil particulier. Le seul qui puisse me donner un conseil pratique, c'est le réalisateur, David Yates, qui me communique son énergie, son enthousiasme.

 

 

Comment vivez-vous votre célébrité ?

Ce n'est pas trop pesant pour moi. Je mentirais en vous disant que je n'aime pas ça. Ma vie de tous les jours n'a pas vraiment changé, contrairement à ce que l'on pense, sinon financièrement. Le regard des autres a changé, pas le mien. Je me sens bien à ­Londres parce que les gens sont plutôt prévenants avec moi. Je peux marcher sans problème dans la rue, aller au concert ou au pub, au risque, comme tout le monde, de me retrouver face à un ivrogne. Je dois reconnaître, et c'est l'une des qualités de l'Angleterre, que quand les gens vous aiment ils vous le font savoir discrètement, et que, si c'est le contraire, ils vous ignorent poliment.

 

 

Avez-vous lu la fin de Harry Potter ?

Oui. Comme tout le monde, je voulais connaître le dénouement et savoir si J. K. Rowling me faisait mourir. C'est une bonne fin. Je suis heureux parce que tout rentre dans l'ordre sans que l'on devine quoi que ce soit à l'avance.

 

 

Vous arrive-t-il de penser à toutes ces années passées au service de Harry Potter ?

Non, pas vraiment. Et pourtant chaque scène est ancrée dans ma mémoire. Quelle enfance aurais-je eu sans Harry Potter, je ne sais pas. Mon enfance a été heureuse, différente des autres parce que j'ai dû travailler avec des adultes qui n'étaient pas mes parents et sont devenus mes amis, comme la maquilleuse ou le costumier. Mais je n'ai pas tellement grandi, j'aime toujours rire aux blagues stupides de mes 12 ans. Le seul fait marquant, c'est que je peux enfin voter.

 

 

Des projets ?

Bien sûr. Après mon expérience à Broadway avec Equus, je crois que je reviendrai inévitablement sur scène, plus tard. Lorsque je saurai chanter, je pense à une comédie musicale. Et si le cinéma veut encore de moi, je serai disponible. Mon grand luxe, c'est que je peux choisir tout ça sans me soucier d'être libre et très sélectif.

 

 

Vous allez avoir 20 ans dans quelques jours. Grosse fête en perspective ?

Hélas, je serai en tournée de promotion pour le film. Mon cadeau sera sans doute une bonne nuit de sommeil. J'ai fêté mes 18 ans en petit comité, et mon rêve serait de me retrouver avec dix amis à la maison.



15/07/2009
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